nov 2012 23

Texte lu à la Soirée rouge d’ATSA le 22 novembre 2012:

Ce qui manque à la démocratie c’est la confiance en soi- même, c’est le sentiment de sa force, c’est l’ambition vraie.
L’immense foule n’a point une suffisante espérance de voir réaliser la justice, elle n’a point surtout assez le sentiment que c’est par elle que la justice
peut et doit être réalisée » – La dépêche, 1888

Ils n’ont rien vu, rien entendu. Ils n’ont pas voulu voir, ils se sont défilés, n’ont pas questionné. Ils ont pris le système pour acquis. Ils ont dit oui aux pots de vin, à la tromperie et aux manigances qui empoisonnent tout notre système politique.

Ils ont tous faillit de la plante verte au corrompu. Dans leur responsabilité de faire ce qu’ils devaient faire pour que nous, citoyens, ayions confiance en nos institutions publiques.

Ils sont coupables au minimum de laxisme et de manque de courage moral.

Mais… nous ? Qui sommes-nous comme citoyens? Sommes-nous dans l’ensemble si différents, si loin d’eux ?

Sommes-nous dans l’ensemble entrain de basculer dans une zone désolante où seul notre compte de taxes nous fait réagir ?

Sommes-nous capable de vigilance et de courage moral ?

Que répondons-nous à ceux qui portés, par le cynisme, tolèrent l’érosion de notre démocratie ? Et pire encore, la perçoivent comme une chose inévitable ?

Voyons-nous assez, dans l’ensemble, que la résignation citoyenne nous mène droit à une cassure démocratique ?

Au fatalisme, à l’impuissance, à l’inertie qui servent et maintiennent le système en place, nous proposons l’indignation, l’action, la prise d’assaut des espaces publics.

Le Mouvement du 24 septembre, mouvement citoyen qui a exigé en 2011 avec d’autres une commission d’enquête publique sur la corruption et le financement des partis politiques, vous invite à investir les conseils de ville, les conseils d’arrondissement et les instances démocratiques.

À prendre la parole, à dénoncer, à filmer, à questionner ces élus qui n’ont rien vu, rien entendu, rien fait.
Mais qui sont pourtant imputables devant nous.

Parce que si dans l’ensemble nous ne disons rien, si nous ne croyons plus en nous, en notre pouvoir citoyen, nous glissons lentement vers la torpeur et nous mériterons notre démocratie de façade.

Comme nous valons mieux, il nous est permis de continuer de rêver de citoyens qui se lèvent pour dénoncer l’inacceptable. Il nous est permis de croire à la nécessité, à la possibilité d’un changement.

Et, ce changement de système ne peut venir sans nous.

Il est vrai qu’on a cherché à exclure le citoyen de la place publique, on ne l’a pas considéré, on l’a méprisé et bafoué. Il est vrai que le respect du citoyen n’existe pas dans un système corrompu.

Préparez-vous dans ces assemblées, dans ces conseils de ville à vivre du mépris et de l’arrogance. Préparez-vous à la langue de bois, à l’absence de réponses. Mais le changement de culture nécessaire au changement de système ne peut venir sans nous.

Ne les laissons plus entre eux gouverner et décider pour nous.

Et transformons cet espace public contrôlé par eux en une sphère où la critique s’exerce contre le pouvoir qui corrompt.

Sur leur propre terrain, dans nos espaces publics, c’est à nous d’imposer une démocratie participative qui ne doit plus être au service d’intérêts privés ou particuliers mais bien au service des citoyens.

Cet espace public il faut l’assiéger.

Leur montrer que nous existons et que nous refusons le rôle de citoyen passif, désillusionné et soumis qu’ils aimeraient tous mieux nous voir porter.

Osons refuser les mensonges et le mépris, soyons exigeants, vigilants.

Pour qu’une fois pour toute, le système tombe et non qu’on nous propose un trente sous pour une piasse.

Retrouvons collectivement notre confiance en nous.

Et, que chacun ici qui y croit, le crie à chaque cynique et sur toutes les tribunes: nous valons beaucoup mieux que ce que nous avons.

Le 9 décembre, jour international de la lutte contre la corruption, à midi à la Place du peuple, nous vous invitons à marcher avec nous pour dire que nous, nous y croyons et que nous exigeons une gouvernance éthique et transparente.