sept 2016 16

Je suis une des victimes de la réappropriation des images produites par un média indépendant par les autorités policières.

En très résumé, j’ai été arrêtée. Dans la nuit même, de longues séquences de film ont été mises à disposition via YouTube et Facebook aux enquêteurs du SPVM. Témoin de la violence policière, certes… mais également témoin du contexte qui entoure l’arrestation… Et hop! Une preuve de plus!

Bien entendu, le but premier de ses images n’était pas de nuire aux personnes qui se trouvaient sur place –et j’en suis pleinement consciente– néanmoins elles sont une sorte de dommage collatéral de la volonté de faire savoir au grand public ce qui s’est réellement produit à ce moment.

Dès lors, une réflexion avait été lancée concernant la publication d’image à caractère potentiellement incriminant dans le monde des médias indépendants montréalais. Or, un an plus tard, on peut constater que les règles de base de la culture de sécurité ne sont toujours pas respectées par certains groupes ou individus œuvrant dans le milieu. Encore aujourd’hui, il est possible de trouver des films postés en mode sensationnaliste dans les minutes qui suivent un événement, disons plus… confrontant, au risque de la sécurité ou de l’intégrité des personnes présentes.

Il est vrai qu’il est du devoir des médias indépendants de diffuser de l’information. Mais il est impératif d’être très prudent-e-s avec le contenu partagé, car les conséquences de celui-ci peuvent être énormes. D’autant plus qu’une importante partie des gens que vous filmez ne consentent même pas à ce que des images captées d’eux soient rendues publiques… Vous vous devez d’être compréhensifs lorsque certain-e-s demandent que les images soient retirées.

C’est à mon sens faire preuve d’un manque de sens critique et d’une irresponsabilité sans nom que de publier des séquences vidéo d’une action « qui brasse » plus sur les faits sans prendre le temps de s’assurer qu’elles ne soient incriminantes pour personnes. Ce sensationnalisme ne démontre-t-il pas que vous êtes en voie d’entrer dans la logique que vous dénoncez chez les médias de masse?  Nous ne sommes pas à une contradiction près!

Sans vouloir « voter un huis clos médiatique », je crois qu’il est essentiel que la réflexion se rende dans chacun des groupes, surtout ceux qui ont une base de principe de gauche voire d’extrême gauche.

Vous avez le droit de mal « focusser » votre caméra…