mar 2013 19

Texte lu pendant la vigile pour une enquête publique et indépendante sur les interventions policières

Depuis 2007, nous sommes dans la rue pour filmer la parole citoyenne et pour porter les revendications de la société civile.

Depuis 2007, nous sommes dans la rue parce que c’est là que nous nous sentons faire partie d’une collectivité forte et solidaire.

Nous étions là pour dénoncer Harper, Charest, pour appuyer les étudiants, les Tunisiens, les Syriens et porter la parole de citoyens dissidents qui ont pris la rue pour dire qu’ils n’étaient pas d’accord avec l’orientation des gouvernements.

Cette parole citoyenne éloquente, forte, indignée, reflet de notre vitalité et de notre liberté d’expression doit être préservée dans un état de droits.

Voilà qu’autour de nous, de plus en plus, nous entendons des citoyennes et citoyens nous dire qu’ils ont peur.

Peur de manifester. Peur de descendre dans la rue pour dénoncer des enjeux légitimes et pour exprimer leurs rêves d’une société plus juste et plus égalitaire.

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déc 2015 04

Citoyen moyen : « Les terroristes veulent nous faire taire… Ils ne nous auront jamais! »
Mesures d’exception en provenance des gouvernements : « Farme ta yeule! »
Citoyen moyen : « …… »
Les terroristes ne sont jamais du bon côté…

Des événements aussi médiatisés que les récents attentats en sol européen mettent la table pour l’éclosion d’une nouvelle épidémie fasciste drapée dans un nationalisme des plus laids.

La sournoise maladie s’infiltre d’abord dans les conversations de salon les plus banales, puis elle est alimentée par des discours officiels faussement bienveillants.
Les sceptiques sont confondus.
Improvisation et délire psychotique, les dirigeants passent à l’action. [Plus d’information…]

mar 2016 24

Le procès Ghomeshi met en lumière ce que des milliers de femmes victimes d’agression sexuelle ou de violence conjugale vivent lorsqu’elles ont le courage de témoigner à la cour. On attend d’elles qu’elles soient parfaites. Leur comportement doit être irréprochable avant, pendant et après l’agression. Leur jugement, infaillible en toutes circonstances.

Elles doivent quitter les lieux immédiatement après l’incident de violence et dénoncer sur le champ. Elles ne doivent pas avoir consommé pendant l’agression, elles ne doivent pas se défendre en frappant à leur tour, elles pourraient l’avoir cherché. Il leur faut rompre définitivement sans jamais reprendre contact avec l’agresseur pour comprendre ou chercher à se construire un sens. Elles doivent se souvenir des moindres détails de la main qui frappe avant l’autre qui étrangle, sinon elles pourraient avoir inventé ou exagéré. Elles doivent passer par dessus la honte qui paralyse. Elles doivent revivre l’agression publiquement en répondant sans faillir aux questions intrusives. Elles doivent accepter qu’une avocate « fasse sa job » en exploitant leurs faiblesses et leurs zones de fragilités. Tout cela sans démontrer de colère et de sentiment d’injustice puisqu’elles auraient l’air de se venger.

Elles doivent répondre à ce que nous attendons d’une bonne victime. Ici, les victimes parfaites ont commis l’irréparable. L’une a mentit aux policiers. L’autre invite l’homme qui l’a traumatisée à prendre contact avec elle. [Plus d’information…]